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Photo ci-dessous: Hanches de Leonberg indemne de dysplasie (stade A)

ATTENTION, CETTE FICHE SUR LA DYSPLASIE DE LA HANCHE EST EN GRANDE PARTIE LA REPRODUCTION DE L'ARTICLE DE SYNTHÈSE SUR LA DYSPLASIE DE LA HANCHE QUE VOUS POUVEZ TROUVER SUR LE SITE PUBLIC DE LA FACULTÉ VÉTÉRINAIRE DE MONTRÉAL

La dysplasie de la hanche : importance

La dysplasie de la hanche est une anomalie de développement (dysplasie) de l'articulation coxo-fémorale (hanche). Elle a été étudiée chez plusieurs espèces, incluant l'homme, le chien et le chat.
Contrairement à l'homme, le chien naît avec une hanche normale, mais pendant la croissance apparaissent des changements pathologiques qui mèneront éventuellement à une dégénérescence articulaire (arthrose) coxofémorale. Elle est en fait la cause la plus importante d'arthrose des hanches chez le chien.

Malgré les programmes bien établis de dépistage de la dysplasie de la hanche et une sélection rigoureuse des chiens reproducteurs, cette maladie continue d'avoir un impact économique et émotionnel important pour les éleveurs et propriétaires de chiens. La dysplasie de la hanche est une maladie complexe et encore aujourd'hui, de nombreuses questions restent sans réponse.

Incidence de la dysplasie coxofémorale

La dysplasie de la hanche peut affecter toutes les races de chiens, mais les chiens de grandes races et de races géantes sont plus particulièrement prédisposés: Berger Picard, Dogue de Bordeaux, Bouvier bernois, Berger allemand, Terre neuve, Saint-Bernard, Briard, Beauceron, Leonberg, Rottweiler, Labrador, Golden retriever, Boxer, Samoyède, Setters, Epagneuls, Cockers... On ne note chez le chien aucune prédisposition de sexe.
L'incidence de la dysplasie coxofémorale est variable selon les races; dans nos statistiques personnelles, le pourcentage de chiens indemnes de dysplasie (stade A) varie de 50 à 80% selon les races.
Cependant, il est difficile pour les Clubs de races de connaître l'incidence réelle de la dysplasie de la hanche dans leur race, car souvent les propriétaires n'envoient pas pour lecture les radiographies des chiens dysplasiques.

Les chats peuvent aussi être occasionnellement touchés par la dysplasie de la hanche, comme en témoignent quelques (rares) radiographies montrant une arthrose des hanches. Mais l'incidence réelle de la dysplasie chez le chat n'est pas connue, et aucun programme de dépistage n'est entrepris à l'heure actuelle

La dysplasie de la hanche: causes génétiques

Photo ci-dessous (Faculté vétérinaire de Montréal): influence de la laxité articulaire dans l'apparition de la dysplasie de la hanche

L'étiologie (causes) de la dysplasie de la hanche, et la progression de la maladie, sont sous l'influence de plusieurs facteurs. A ce jour, la majorité des spécialistes s'accorde pour dire que la dysplasie de la hanche est une maladie d'ordre génétique, héréditaire, dont l'expression ainsi que la progression sont influencés par des facteurs dits environnementaux.

La dysplasie de la hanche, maladie génétique

La génétique de la dysplasie de la hanche est encore peu connue. De nombreux gènes sont sans doute impliqués dans le développement de la maladie, et chacun de ceux-ci contribuerait en partie à l'expression du phénotype.
Un "effet additif" est probable: il faut l'addition d'un certain nombre de gènes défavorables pour que la maladie s'exprime. Si le nombre de gènes défavorables est en deçà d'un certain seuil, la maladie ne s'exprime pas (chien radiologiquement indemne, mais pouvant transmettre ces gènes défavorables à sa descendance).

Le laboratoire Antagène effectue des recherches, en partenariat avec les Clubs de races, pour déterminer les gènes responsables de la dysplasie coxofémorale dans les deux races suivantes: Briard et Leonberg. Cette recherche est anonyme, contactez votre véto si vous souhaitez participer à l'étude. Le prélèvement (frottis buccal) et l'analyse génétique sont gratuits.

Le bagage génétique prédétermine la configuration du bassin du nouveau-né. Il influence par conséquent la forme, la structure, les relations anatomiques de l'articulation coxofémorale, la laxité articulaire, l'innervation, la localisation et l'importance de la masse musculaire, le développement et le remodelage de la tête fémorale, du col fémoral, du grand trochanter et des structures osseuses pelviennes adjacentes.
L'expression de ces gènes, le phénotype, peut être modifié par des facteurs non génétiques (environnementaux). Ces facteurs environnementaux ne peuvent à eux seuls causer la dysplasie de la hanche . Ils peuvent en revanche influencer l'apparition et la sévérité de la maladie.

Phénotype= génotype + facteurs environnementaux.

Donc, le phénotype (apparence radiologique de l'articulation coxofémorale et symptômes) d'un chien ne représente pas nécessairement son génotype.
Une étude faite sur une importante population de chiens a démontré que l'incidence de la dysplasie de la hanche était de 85% chez des chiots issus de deux parents dysplasiques, comparé à 52% lorsqu'un seul parent était dysplasique et 37,5% lorsque les deux parents étaient radiologiquement normaux.
Un chien de phénotype normal peut donc produire des chiots dysplasiques (d'autant plus qu'il y aura beaucoup de dysplasiques parmi ses frères et soeurs et ses ascendants). Ainsi, même si votre chien est radiologiquement normal, il est risqué de le faire reproduire si plusieurs de ses frères et soeurs ou parents sont touchés par cette affection.

L'utilisation successive de sujets reproducteurs phénotypiquement normaux, de génération en génération, a permis de diminuer significativement (de 39% à 17%) l'incidence de la dysplasie de la hanche chez une lignée de Bergers allemands (période de 3,5 ans).

Ceci met en relief la complexité de la génétique de cette maladie mais aussi l'importance d'une gestion rigoureuse de la reproduction des races à risques

La dysplasie de la hanche : causes environnementales

Photo ci-dessous (Faculté vétérinaire de Montréal): mécanismes d'apparition de la dysplasie de la hanche

L'ajout de "stress environnementaux" à une hanche génétiquement prédisposée peut significativement influencer le développement de celle-ci. Il est présumé que la susceptibilité d'un individu à ces facteurs environnementaux est sous influence génétique.

Facteurs nutritionnels

La nutrition peut, selon certaines études, influencer le développement d'une dysplasie sur une hanche génétiquement prédisposée. L'influence d'une composante spécifique du régime alimentaire est difficilement évaluable sans modifier l'ensemble des proportions de ce régime. Ceci explique les résultats ambigüs et discutables de plusieurs études. En revanche, certains points importants ressortent de ces études:

- Déficiences alimentaires:
Aucune déficience alimentaire connue ne semble favoriser le développement de la dysplasie de la hanche.

- Suralimentation:
Un excés de consommation calorique chez le chiot, qu'il soit sous forme de protéines, de glucides ou de lipides, potentalise la rapidité de la croissance (dans les limites de la génétique) et le gain de poids corporel comparé aux chiots nourris avec une diète normale ou restrictive.
Celà favorise l'apparition et augmente la sévérité de la dysplasie de la hanche chez les chiens génétiquement prédisposés. Cette suralimentation est critique dans les six premiers mois de vie du chiot et les risques qui y sont associés augmentent chez les individus avec une croissance corporelle particulièrement rapide.

- Méthode d'alimentation:
Un accés illimité (ad libitum) à la nourriture favorise une croissance (dans les limites de la génétique) et un gain de poids rapide chez le chiot. Ceci favorise l'apparition et augmente la sévérité de la dysplasie de la hanche chez les chiens génétiquement prédisposés.

- Cacium et vitamine D:
Un taux élevé de calcium dans la ration alimentaire diminue l'activité ostéoclastique retardant ainsi l'ossification endochondrale et le remodelage osseux.L'excés de vitamine D a un effet indirect, mais similaire sur le squelette à un excés de calcium puisqu'il augmente l'absorption intestinale du calcium. L'excés de calcium et de vitamine D peut contribuer au développement de maladies orthopédiques de croissance.

- Vitamine C:
Le chien synthétise naturellement de la vitamine C, éliminant ainsi la nécessité d'un supplément. Il n'y a aucune étude scientifique qui démontre l'effet bénéfique d'une supplémentation en vitamine C chez le chiot pour la prévention de la dysplasie de la hanche.

- Anions non mesurés:
La modification en anions non mesurés (anions gap) de la ration alimentaire peut diminuer le volume du liquide synovial, et par conséquent améliorer la stabilité articulaire et potentiellement modifier favorablement le développement de la hanche.

L'exercice

Il est logique de penser que l'exercice puisse influencer le développement d'une dysplasie sur une hanche génétiquement prédisposée puisque tout excés de stress subi par cette articulation anormalement laxe aura le potentiel d'induire des lésions au cartilage articulaire.
Ainsi, la montée des escaliers, les sauts, les exercices de montée de palissades, les galops à outrance ne sont pas conseillés pendant la croissance des grandes races.

En contrepartie, l'activité physique peut aussi avoir un effet bénéfique car elle diminue le risque de surpoids, et de plus elle favorise le développement et le maintien d'une masse et d'une force musculaire s'opposant à la laxité articulaire et stabilisant la hanche.
Ainsi, un exercice normal dans un jardin, avec des ballades à pied, en marchant, sont bénéfiques pour le chiot en croissance, ainsi que la natation. Au contraire, une vie confinée dans un appartement ou un box n'est pas indiquée pendant la croissance.

Autres causes

- Accidents:
Nous avons eu le cas de chiots qui, ayant eu une fracture sur un postérieur vers 3 à 5 mois, ont développé par la suite une dysplasie de la hanche de l'autre postérieur, sur lequel il ont pendant plusieurs semaines reporté tout leur poids, exposant ainsi la hanche à des forces et contraintes excessives.

- Les hormones:
Il n'y a aucun preuve scientifique que les hormones (oestrogènes, relaxine, hormones de croissance, parathormone, insuline), lorsque présentes en quantité physiologique, influencent le développement de l'articulation coxofémorale.

Pour conclure, l'existence bien réelle de ces facteurs environnementaux dans l'apparition et la sévérité de la dysplasie de la hanche ne doit pas faire oublier que lors d'une dysplasie de la hanche, il y a toujours prédisposition génétique. Un chien ne peut être devenu dysplasique uniquement à cause d'un "mauvais environnement" pendant sa croissance.

La dysplasie de la hanche : mécanismes d'apparition

Photo ci-dessous (Faculté vétérinaire de Montréal): différents stades de défauts de coaptation

La hanche normale

L'articulation coxofémorale est formée du col fémoral, de la tête fémorale et de l'acétabulum.
Leur stabilité ainsi que leur bon fonctionnement sont assurés d'une part par la conformation propre de cette articulation, et d'autre part par l'effort concerté de la masse musculaire (extenseurs, flachisseurs, abducteurs et rotateurs), de la capsule articulaire et du ligament de la tête du fémur).

Hanche normale = conformation normale des structures osseuses (col, tête, acétabulum) + absence de laxité.

Lorsque le membre est mis en charge (appui), il y a transmission des forces du fémur vers le bassin par le biais de la tête fémorale et de l'acétabulum. Il y aura répartition des forces et des stress au niveau de la surface articulaire coxofémorale chez le chien normal. Le cartilage articulaire assure l'absorption des chocs et leur transfert vers l'os sous-chondral tout en permettant un "glissement fluide" des surfaces articulaires.

La hanche dysplasique

Le chiot génétiquement prédisposé à la dysplasie de la hanche naît avec des hanches normales. Mais son bagage génétique défavorable le prédispose à des changements pathologiques qui interviendront pendant sa croissance, et qui mèneront, à plus ou moins long terme, à une dégénérescence articulaire. Ces gènes défavorables favorisent une laxité articulaire, et une mauvaise anatomie de la hanche (angle cervico-céphalo-diaphysaire trop ouvert, couverture dorsale insuffisante...).

Dès le bas-âge, on note l'apparition d'une laxité articulaire (étirement capsulaire et ligamentaire coxofémoral) chez de nombreux chiens dysplasiques. La laxité articulaire coxofémorale est un facteur prédisposant significatif dans le développement de la dysplasie de la hanche. Elle représente le début de la cascade de tous les évènements qui mèneront à la dégénérescence articulaire.

La cause exacte de cette laxité articulaire n'est pas encore définie (primaire ou secondaire). Plus encore, il n'est pas expliqué pourquoi certains chiens, démontrant une laxité importante en jeune âge, ne développent jamais d'arthrose, alors que d'autres, avec moins de laxité, évoluent vers la dégénérescence coxofémorale. L'hypothèse la plus vraisemblable qui pourrait expliquer ce phénomène fait mention de deux types différents de laxité articulaire: la laxité passive, et la laxité active ou fonctionnelle:

- laxité passive:
C'est un mouvement anormal (subluxation) de la tête fémorale par rapport à l'acétabulum mis en évidence lorsque la masse musculaire de la hanche est au repos (sous anesthésie générale). La mise en évidence d'une laxité passive au niveau de la hanche ne signifie pas automatiquement le développement d'arthrose. En règle générale, plus la laxité coxofémorale passive est importante, plus grandes seront les chances que cette hanche se développe anormalement. L'inverse est aussi vrai, plus cette hanche est stable, meilleures seront ses chances de se développer normalement. Elle se mesure par palpation (recherche d'un signe d'Ortolani sous anesthésie générale), ou par radiographie selon le procédé PennHIP.

- Laxité dynamique:
C'est un mouvement anormal de la tête fémorale par rapport à l'acétabulum (subluxation dorsolatérale) lorsque le membre est mis en charge (appui, marche, trot, course...). La laxité coxofémorale dynamique aura pour conséquence une répartition anormale des forces entre le fémur et l'acétabulum, et une concentration des stress à certains points focaux de la surface articulaire.
Il y aura simultanément étirement progressif de la capsule articulaire et du ligament de la tête fémorale. Le cartilage articulaire subit des changements pathologiques irréversibles et perd sa capacité d'absorption des chocs. Le processus d'arthrose est enclenché. Le remodelage progressif de la tête fémorale, de l'acétabulum et de la capsule articulaire aura pour conséquence de diminuer et éventuellement d'éliminer toute signe de laxité articulaire. Il y aura alors restriction graduelle de l'amplitude du mouvement de l'articulation coxofémorale (ankylose).

La dysplasie de la hanche : les symptômes

Photo ci-dessous (Faculté vétérinaire de Montréal): différents stades de remaniements de la cavité acétabulaire

Il n'y a aucun signe clinique caractéristique ou pathognomonique de la dysplasie de la hanche:

- Les signes cliniques peuvent être variables d'un individu à un autre.

- Les signes cliniques peuvent varier dans le temps sur un même individu.

- Un chien dysplasique peut ne jamais montrer de symptômes.

- Les signes cliniques ne reflètent pas nécessairement les lésions radiologiques.

L'origine des symptômes cliniques diffère selon l'âge de l'animal. On divise, par conséquent, les patients dysplasiques en deux groupes: le chien en croissance et le chien adulte.

Le chien en croissance (< 1 an)

Les symptômes du chien en croissance sont principalement liés à l'étirement capsulaire, à l'étirement des muscles adducteurs de la hanche et aux microfractures de l'acétabulum.

A la fin de la croissance, la douleur peut diminuer voire même disparaître chez certains patients suite à la fibrose capsulaire et au remodelage acétabulaire. Cette "phase de confort" sera de durée variable d'un animal à un autre. Si la douleur apparaît de nouveau à l'âge adulte, elle devient alors permanente.

Les symptômes sont:

- Une diminution de la tolérance à l'exercice.

- Une réticence à marcher, courir, sauter et monter les escaliers. Le chien préfère s'asseoir ou se coucher.
Un jour, le Dr Milleman m'a dit lors alors qu'il jugeait les Leonbergs dans une exposition: "Un bon test consiste à danser la valse avec votre chien. S'il arrive à mettre les antérieurs sur vos épaules et faire 3 tours de valse, c'est qu'il n'est pas dysplasique".

- Une boîterie d'un ou des deux membres postérieurs.

- Un galop en sauts de lapin (appui simultané des 2 postérieurs sur le sol).

Le chien adulte (> 1 an)

Les symptômes du chien adulte sont liés à la douleur chronique consécutive à l'arthrose, ainsi qu'à une diminution de l'amplitude de mouvement, résultant du remodelage articulaire et capsulaire. Les symptômes sont permanents (constants ou intermittents):

- Difficulté à se lever, raideur ou boîterie à froid.

- Diminution de l'activité physique.

- Difficultés à sauter et à monter les escaliers.

- Boîterie d'un ou des deux membres postérieurs.

La dysplasie de la hanche : le diagnostic

Photo ci-dessous (Faculté vétérinaire de Montréal): différents stades de remaniement de la tête du col fémoral

Anamnèse (recueil de l'historique de l'affection)

Les données recueillies permettent d'orienter le diagnostic sans, par contre, le confirmer, puisqu'aucun symptôme n'est pathognomonique de la dysplasie de la hanche. Les renseignements serviront à l'élaboration du plan diagnostique et thérapeutique.

Examen clinique

L'examen clinique est complet, car la présence d'une maladie concommittente est relativement fréquente autant chez le chien en croissance que chez le chien adulte:

- Chien en croissance: ostéochondrose (épaule, coude, genou, tarse), luxation de rotule, dégénérescence des ligaments croisés...

- Chien adulte: rupture du ligament croisé crânial, myélopathie compressive ou dégénérative, tumeur osseuse...

- Examen des allures:

Le chien normal a une amplitude de mouvement normale et les pattes sont gardées parallèles et espacées. Aux allures, les membres postérieurs touchent le sol successivement tout en gardant une base large.

Classiquement, le chien dysplasique a une amplitude de mouvement diminuée (foulée de faible amplitude), les pieds convergent et sont rapprochés. Il hésite à trotter et à courir, et lorsqu'il le fait, les membres postérieurs touchent le sol simultanément tout en gardant une base étroite (sauts de lapin). Pour compenser cette faible amplitude de mouvement et réduire l'inconfort, certains chiens adoptent une démarche particulière:

- Balancement du train arrière avec rotation et abduction des membres postérieurs (démarche "chaloupée").

- Foulée de petite amplitude au train arrière.

- Hyperextension des jarrets en statique et en phase de propulsion.

- Transfert du poids vers les membres antérieurs.

Le chien peut ou non présenter une boîterie dont la sévérité est variable. Cette boîterie est plus facilement perceptible lorsqu'elle est unilatérale ou asymétrique.

- Examen orthopédique:

L'animal dysplasique montre un degré variable d'atrophie musculaire de la cuisse (symétrique ou asymétrique). Le degré d'atrophie musculaire reflète la chronicité de la boîterie, mais aussi l'ampleur de l'inconfort.

L'extension de la hanche et l'abduction/rotation externe de la hanche provoque des signes d'inconfort ou de douleur chez le chien dysplasique. Attention, l'extension de la hanche provoque aussi de la douleur aux chiens présentant des pathologies lombaires basses ou lombo-sacrées (arthrose, hernie discale...).

La rotation, l'extension, la flexion et l'abduction de la hanche permettent d'évaluer l'intégrité de la surface articulaire. la perception de crépitement indique qu'il y a remodelage articulaire alors que la perception de "friction" indique qu'il y a érosion du cartilage articulaire.

Chez le chien en croissance, on recherche particulièrement la présence d'une laxité articulaire, puisqu'elle est à la base du processus de la dysplasie de la hanche. Cette laxité est, en revanche, parfois difficile à identifier sur un chien vigile de sorte qu'une évaluation sous anesthésie est parfois nécessaire.

La laxité coxofémorale dynamique peut être évaluée en mettant la main sur les hanches pendant la marche. Il y a laxité dynamique si un déplacement dorsal et latéral du grand trochanter est mis en évidence, ainsi que la perception d'un "cloc" lorsque le membre est mis en charge. Ce test est très peu sensible et requiert une certaine expérience.

Recherche du signe d'Ortolani:

Il se recherche chez le chien en croissance. Il est perceptible sans anesthésie dans les cas sévères, mais dans d'autres cas une anesthésie est nécessaire, pour mettre en évidence la laxité passive.

Le chien est placé en décubitus latéral, le fémur perpendiculaire à la colonne vertébrale. Le manipulateur tient solidement le genou d'une main, l'autre s'appuyant sur la colonne vertébrale à la hauteur des hanches. Une légère pression est appliquée dans l'axe du fémur en direcion de l'acétabulum tout en effectuant une abduction. Le test est positif s'il y a perception d'un "cloc" lors de l'abduction (signe du ressaut).

Lorsqu'il y a étirement capsulaire et ligamentaire coxofémoral, il y a subluxation dorsale de la tête fémorale suite à la pression appliquée dans l'axe du fémur vers l'acétabulum. Le "cloc" correspond au retour de la tête fémorale dans l'acétabulum. Un signe d'Ortolani positif signifie qu'il y a présence d'une laxité passive donc étirement capsulaire et ligamentaire coxofémoral. L'absence d'un signe d'Ortolani indique qu'il n'y a pas de laxité passive donc pas d'étirement capsulaire et ligamentaire coxofémoral perceptible. La hanche peut être normale ou sévèrement dysplasique (remodelage osseux et fibrose capsulaire).

Le degré de l'angle de réduction augmente proportionnellement à l'étirement capsulaire et ligamentaire. les chances de développement d'arthrose coxofémorale augmentent avec l'angle de réduction. La perception de l'angle de réduction diminue progressivement avec la progression des lésions d'arthrose coxofémorale.

L'examen radiologique

C'est le seul moyen diagnostique définitif de la dysplasie de la hanche.
La technique validée pour l'interprétation des stades (cf fiche les stades de la dysplasie de la hanche) est la projection ventro-dorsale en extension du bassin (fémurs parallèles, rotules au centre de la trochlée fémorale, colonne vertébrale et bassin bien droits et symétriques).

Cette position permet d'évaluer subjectivement l'articulation coxofémorale. Elle cherche à mettre en évidence la présence, ou l'absence, ainsi que la sévérité des lésions suivantes:

- La coaptation et la congruence bonnes ou mauvaises.

- Le remodelage coxofémoral.

- L'arthrose coxofémorale.

Cette projection radiologique est très sensible pour détecter les changements dégénératifs de l'articulation coxofémorale (arthrose). Elle est donc un outil de travail primordial dans l'établissement du plan thérapeutique.
En revanche, elle est moins sensible pour détecter les défauts de coaptation, seule lésion souvent visible chez le chien en croissance. En effet, c'est une position qui tend à recentrer les têtes fémorales dans les acétabulums.
La coaptation est de plus fortement influencée par la position du chien lors du cliché radiologique. Il est donc primordial de respecter les critères techniques lors de la prise du cliché radiologique. Une anesthésie générale peut être nécessaire pour obtenir une bonne position.

Apparence radiographique de l'articulation coxofémorale normale:

-
Coaptation et congruence de la tête fémorale et de l'acétabulum parfaites. Surfaces articulaires concentriques et espace articulaire uniforme.

- Tête fémorale ronde et régulière. Col fémoral lisse et légèrement concave.

- Acétabulum concave et profond. Bord crânial enserrant la tête fémorale (bord crânial efficace d'angle droit). Bord dorsal de l'acétabulum recouvrant au moins 50% de la tête fémorale.

- Absence d'arthrose.

Apparence radiographique de la hanche dysplasique:

- Coaptation ou congruence insuffisantes. Divergence des surfaces articulaires. "Pincement" de l'interligne articulaire.

- Remodelage et arthrose acétabulaire : usure du bord dorsal et du bord crânial efficace (la couverture crâniale n'est plus enserrante), usure du bord dorsal ( la couverture dorsale devient insuffisante), remplissage et déformation de la cavité acétabulaire , ostéophytes/enthesiophytes.

- Remodelage et arthrose fémorale : déformation et aplatissement de la tête fémorale , remplissage du col fémoral , ostéophytes ostéochondraux , enthesiophytes du col (ligne de Morgan).

L'apparence des lésions et leur sévérité varient selon l'âge de l'animal, la chronicité et l'ampleur de la maladie. Classiquement, le chien en croissance montre un défaut de coaptation avec peu de changements osseux, alors que l'adulte montre principalement des lésions d'arthrose et de remodelage osseux.

Mesure de l'angle de Norberg-Olsson: elle permet d'ojectiver la coaptation articulaire, donc de quantifier la laxité articulaire coxofémorale apparente.
Une ligne est tracée entre le centre géométrique des têtes fémorales. Pour chaque hanche, une seconde ligne est tracée du centre de la tête fémorale jusqu'au bord crânial efficace de l'acétabulum. L'angle mesuré entre les deux lignes correspond à l'angle de Norberg-Olsson.

Autres techniques radiographiques:

-
Avant de réaliser une intervention de triple-ostéotomie du bassin, d'autres clichés permettent de mieux étudier l'intégrité du bord acétabulaire dorsal et de sa pente: radiographie en grenouille, DAR view (anesthésie générale, décubitus ventral, les pattes repliés de part et d'autre du thorax en avant, tarses soulevés de 5 cm).

- Une technique permet de mieux étudier la laxité articulaire coxofémorale: il s'agit de la projection ventrodorsale du bassin avec stress latéral, sous anesthésie générale (procédé PennHIP).
Mais cette technique n'est pas utilisable en France, car il faudrait connaître pour chaque race l'index de laxité articulaire d'un grand nombre de chiens, pour n'en faire reproduire que les meilleurs 50%.

La dysplasie de la hanche : classification FCI

Photo ci-dessous (Faculté vétérinaire de Montréal): stade A à gauche, stade E à droite

Stade A: aucun signe de dysplasie coxo-fémorale
Angles de Norberg-Olsson égaux ou supérieurs à 105°: absence d'arthrose; bonne couverture dorsale (recouvre au moins 50% de la tête fémorale) et crâniale; bonne coaptation.

Stade B: état sensiblement normal

1er cas: angles de Norberg-Olsson égaux ou supérieurs à 105°, avec une coaptation insuffisante, ou une couverture dorsale insuffisante; de légers signes d'arthrose sont possibles.
2ème cas: angles de Norberg-Olsson compris entre 100° et 105°, avec une bonne coaptation et une bonne couverture dorsale; de légers signes d'arthrose sont possibles.

Stade C: dysplasie légère

Angles de Norberg-Olsson compris entre 100° et 105°, avec une couverture dorsale insuffisante ou une coaptation insuffisante; des signes d'arthrose sont possibles.

Stade D: dysplasie moyenne
Angles de Norberg-Olsson compris entre 90° et 100°; coaptation insuffisante, couverture dorsale insuffisante, des remaniements arthrosiques des têtes et cols fémoraux et/ou des acétabulums sont fréquemment observés.

Stade E: dysplasie sévère

Angles de Norberg-Olsson < 90°; sub-luxation ou luxation des têtes fémorales; arthrose très fréquente.

La dysplasie de la hanche : les traitements

Photo ci-dessous (Faculté vétérinaire de Montréal): triple ostéotomie du bassin sur chaque hanche

Généralités

Il existe plusieurs options thérapeutiques. Le choix doit se faire sur une base individuelle et peut varier dans le temps pour un animal donné. Il doit se faire en considérant les facteurs suivants:

- Le chien:
Son âge, son poids, son tempérament, son utilisation, sa santé globale.

- Le propriétaire:
Budget, disponibilité, motivation, environnement.

Les objectifs du traitement sont d'assurer une qualité de vie au chien dysplasique: éliminer ou diminuer la douleur, maintenir la fonction articulaire, garder ou rendre le chien fonctionnel et actif.

Traitement conservateur: traitement médical

Peu importe la raison pour laquelle cette option a été choisie, le succés est plus probable et les résultats meilleurs si l'on tient compte de tous les éléments suivants:

- Contrôle de l'environnement:

Exercice: Favoriser l'activité "contrôlée" pour maintenir la masse et la fonction musculaire et éviter l'ankylose articulaire. Ex: la nage, la marche fréquente et régulière avec périodes de repos. Cette activité régulière facilite le maintien du poids corporel. On doit éviter les activités violentes (sauts, pivots...) ainsi que les surfaces dures et accidentées.

Poids: L'obésité crée une surcharge articulaire et exacerbe l'inconfort. La perte de poids peut être, à elle seule, suffisante pour rendre un animal confortable et actif. La gestion de l'obésité est plus facile si elle tient compte de l'alimentation et de l'activité du patient. Un aliment a été conçu pour les chiens souffrant de problèmes arthrosiques: V DIET MOBILITY SUPPORT: il aide à maintenir le poids, la masse musculaire, et contient des chondroprotecteurs pour lutter contre l'arthrose.

Physiothérapie: Le mouvement passif des articulations et les massages musculaires contribuent au bien-être du patient en favorisant la circulation sanguine au niveau musculaire et en maintenant l'amplitude articulaire. Le mouvement passif des membres ne remplace cependant pas l'activité physique (physiothérapie active).

- Les médicaments: Cf fiche"L'arthrose"

- Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS): ce sont les médicaments les plus utilisés dans le traitement de l'arthrose. Ils procurent une analgésie et un effet anti-inflammatoire variables selon le médicaments choisi. Certains auraient de plus un pouvoir chondroprotecteur (RIMADYL). Ils peuvent être utilisés pour traiter les phases aigues de la maladie, ou en permanence pour certains (RIMADYL, METACAM...) lors de douleur chronique.

- Les médicaments "chondroprotecteurs": ce sont des suppléments nutritifs qui ont des propriétés anti-inflammatoires (diminution de la synovite) et chondroprotectrices (diminution de la dégradation du cartilage articulaire). Ils peuvent donc améliorer le confort des patients (prouvé cliniquement) et ralentir la progression de l'arthrose (prouvé expérimentalement). Leur efficacité est supérieure lorsqu'ils sont utilisés tôt dans l'évolution de la maladie et dans les cas d'arthrose minimale à modérée (ne pas attendre que l'arthrose soit très développée pour les utiliser!). On les retrouve sous forme injectable (ADEQUAN) ou en comprimés (LYPROFLEX, FLEXIVET, COSEQUN, FORTIFLEX, AGILIUM, LOCOX...).

- D'autres médications peuvent être utilisées: oligo-éléments pour lutter contre la laxité articulaire chez le jeune en croissance (SOUFRE, FLUOR, MANGANÈSE OLIGOSOLen alternance), injections d'acides gras pour lutter contre la douleur à long terme (ARA 3000 beta)... En revanche, les corticoïdes présentent peu d'intérêt et beaucoup d'effets secondaires indésirables.

- La médecine alternative (homéopathie, acupuncture, ostéopathie):

Si vous le souhaitez, votre véto peut vous conseiller un Vétérinaire ostéopathe et homéopathe. Ces techniques alternatives peuvent parfois donner de bons résultats.

Traitement chirurgical

Au fil des années, plusieurs techniques chirurgicales ont été utilisées. Certaines ont été abandonnées, d'autres modifiées.
Aujourd'hui, ces procédures chirurgicales nous permettent d'espérer un pronostic favorable chez presque la totalité des chiens souffrant de dysplasie de la hanche.

- La triple ostéotomie du bassin (TOB):

la TOB est considérée comme le traitement de choix de la dysplasie de la hanche. Elle élimine la douleur, permet le retour à une vie active, arrête ou ralentit significativement la progression de l'arthrose, et elle préserve l'articulation coxofémorale.

Le principe consiste à sectionner l'hémipelvis à trois endroits afin de permettre une rotation ventrolatérale de la cavité acétabulaire. L'hémipelvis est fixé dans cette position à l'aide d'une plaque orthopédique spécialement conçue. Cette relocalisation de l'acétabulum assure une couverture acétabulaire pour la tête fémorale et conséquemment une meilleure coaptation articulaire.

Les candidats à ce type de chirurgie sont des chiens en croissance répondant à des critères précis: présence clinique ou radiologique de laxité articulaire dynamique, l'articulation coxofémorale doit encore être saine avec une tête fémorale ronde et une cavité acétabulaire profonde, le cartilage articulaire doit être intègre, absence de lésions d'arthrose ou arthrose minimale, couverture dorsale insuffisante.
Lorsque la dysplasie a évolué avec des remaniements osseux et la présence d'arthrose, il devient trop tard pour pratiquer cette intervention.

Un repos complet de 6 à 8 semaines est nécessaire après l'opération. Seule des courtes sorties en laisse et au pas sont permises; cette opération n'est pas possible si votre chien court toute la journée dans votre jardin avec d'autres!

Les complications sont rares et se soignent: déficit neurologique, défaillance des implants, infection.

Chirurgie du membre opposé en cas de dysplasie bilatérale: 2 à 6 semaines suite à la première intervention selon l'âge du patient et l'évolution de la maladie. La venue de nouveaux implants permet d'opérer aujourd'hui simultanément les deux hanches .

- L'arthroplastie coxofémorale par exérèse de la tête et du col fémoral:

Pour des raisons économiques et tecniques, cette chirurgie est la plus utilisée dans le traitement de la dyplasie de la hanche.

Elle élimine la douleur chez la majorité des patients (85% des cas), elle permet le retour à une vie fonctionnelle, avec un degré d'activité variable selon le patient.
L'articulation n'est pas préservée. Les résultats sont excellents sur les petits chiens, bons sur les gros chiens lors de dysplasie unilatérale, variables sur les gros chiens lors de dysplasie bilatérale.

Il y a exérèse de la tête et du col fémoral. L'articulation sera dorénavant supportée par la musculature locale et par la formation d'une fausse articulation fibreuse. L'amplitude de mouvement définitive de cette fausse articulation est dépendante de l'élasticité di tissu fibreux. Le succés de l'intervention repose sur l'utilisation rapide du membre opéré (élasticité accrue du tissu fibreux).

Théoriquement, tous les chiens peuvent subir cette intervention; en revanche le pronostic varie d'un sujet à l'autre selon ses caractéristiques physiques et son tempérament. Les meilleurs candidats sont les chiens à tempérament fougueux, actifs malgré la dysplasie, ceux ayant une masse et un tonus musculaire acceptables, les chiens pesant moins de 25 kg.

Après l'opération, il faut favoriser l'utilisation rapide du membre. Des anti-inflammatoires seront administrés de façon prolongée pour favoriser l'utilisation du membre. La physiothérapie est utile après l'intervention.

Les complications sont rares, et consistent en une douleur persistante due à un contact "os-os" entre le site d'ostéctomie fémorale et l'acétabulum.

Lors de dysplasie bilatérale, il faut respecter un minimum de 8 semaines entre les deux interventions. Idéalement, le membre opposé est opéré lorsque le premier membre est fonctionnel et non douloureux (4 mois et plus).

- L'arthroplastie coxofémorale par mise en place d'une prothèse totale de la hanche:

C'est la meilleure alternative à la TOB du point de vue fonction et mécanique de la hanche, particulièrement chez les très gros chiens. Son prix en limite en revanche l'utilisation.

Elle élimine la douleur, permet une utilisation rapide du membre, un retour à la vie active, et améliore le pronostic des chiens de grande race et de race géante. L'articulation n'est pas préservée.

Il y a exérèse de la tête fémorale et d'une portion de col fémoral, et mise en place d'une prothèse fémorale. Il y a approfondissement et modelage de l'acétabulum puis mise en place de la prothèse acétabulaire. La prothèse est maintenue en place à l'aide de ciment à os pour les prothèses cimentées ou à l'aide de vis pour les prothèses non cimentées.

Tout comme l'arthroplastie par exérèse de la tête et du col fémoral, cette méthode chirurgicale en est une de dernier recours. Elle est généralement recommandée lorsque les symptômes sont persistants et qu'ils entraînent un inconfort chronique et non traitable par l'approche conservatrice.

Certains critères doivent être respectés: chiens de plus de 20 kg, chiens dont la période de croissance active est terminée, absence de problèmes neurologiques concommittants, absence de toutes sources d'infection (dermatite, cystite, otite....) lorsque la prothèse utilisée est cimentée.

Après l'opération, un repos de 8 semaines est nécessaire. Une réévaluation annuelle est recommandée.

Selon le type de prothèse utilisé, le taux de complications varie de 5 à 15%. Elles sont souvent majeures et nécessitent généralement une seconde intervention chirurgicale: luxation de la hanche, décollement aseptique de l'implant, décollement septique de l'implant (ostéomyélite), fracture.

Lors de dysplasie bilatérale, il faut respecter un intervalle d'au moins 16 semaines entre les deux interventions.

- La symphysiodèse juvénile:

La symphysiodèse juvénile est une nouvelle technique chirurgicale pour traiter la dysplasie de la hanche. Elle est en fait une méthode préventive puisqu'elle est réalisée, dès le très jeune âge, sur des chiots asymptômatiques jugés susceptibles de développer une arthrose coxofémorale.

Il y a cautérisation de la symphyse pubienne (moitié crâniale de la symphyse pubienne) qui entraîne une nécrose thermique des chondrocytes germinaux. Cette nécrose a pour conséquence une fermeture prématurée et une union osseuse de la symphyse. La portion ventromédiale du bassin demeure ainsi sous-développée alors que sa portion dorsolatérale croît normalement. Il en résulte une rotation ventrolatérale de l'acétabulum au dessus de la tête fémorale et une amélioration de la couverture dorsale et de la conformation de la hanche.

L'ampleur de la ventrolatéralisation de l'acétabulum est directement associée à l'âge du patient lors de l'intervention chirurgicale. Cette intervention améliore de façon sugnificative la conformation du bassin lorsqu'elle est réalisée à 15 ou 20 semaines d'âge. L'amélioration est cependant plus appréciable si l'intervention est réalisée à 15 plutôt qu'à 20 semaines.

Tout chiot de moins de 20 semaines avec une laxité articulaire passive jugée à risque pour le développement eventuel d'arthrose coxofémorale est candidat pour cette intervention. L'index de laxité, mesuré à partir de la méthode PennHIP est , pour l'instant, l'outil utilisé pour déterminer la susceptibilité au développement de l'arthrose. Théoriquement, tous les chiens dont l'index est supérieur à 0,3 sont considérés susceptibles. Cette valeur était donc celle utilisée dans les différentes études.

Cependant, la majorité des chiens ont un index de laxité supérieur à 0,3, et une importante proportion de chiens avec un index supérieur à 0,3 ne développent jamais d'arthrose, donc ne requièrent pas cette intervention. Le candidat idéal est donc difficile à définir.

Les complications sont rares et généralement bénignes

Prévention de la dysplasie de la hanche

Photo ci-dessous (Faculté vétérinaire de Montréal): anatomie de la hanche du chien

Au niveau du Club de race

Il faut tout d'abord faire un état des lieux, pour déterminer l'incidence de la dysplasie coxofémorale dans la race.
Pour celà, il faut recueillir le plus grand nombre de radiographies possible. Cependant, les résultats sont faussés par le fait que beaucoup de propriétaires n'envoient pas les radiographies lorsque leur chien est dysplasique. Les chiffres que possèdent les clubs quant à l'incidence de la dysplasie coxofémorale dans leur race sont donc souvent trop optimistes.

Il est donc important d'envoyer toutes les radiographies de dépistage au Club, meme les mauvaises.

Une fois connue l'incidence de la dysplasie coxofémorale dans la race, il faudra déterminer une pression de sélection pour éradiquer cette affection.

La pression de sélection pourra être très forte (les reproducteurs doivent tous être stade A) si la race a une effectif important, si l'incidence de la dysplasie est faible, et s'il n'y a pas en même temps d'autres tares concommittantes (cardiopathies, tares oculaires...) que l'on voudra éliminer.

Au contraire, pour préserver un pool génétique suffisant, la pression de sélection ne devra pas être trop forte dans un premier temps (on accepte les reproducteurs A, B, C, voire plus), lorsque la race est à faible effectif, que l'incidence de la dysplasie de la hanche est élevée, lorsqu'il y a beaucoup d'autres tares génétiques que l'on veut éradiquer en même temps.

Au niveau de l'éleveur

L'éleveur ne devrait faire reproduire que les sujets exempts de dysplasie, ou au moins suivre les recommandations du Club (par exemple A avec A, A avec B, A avec C, et B avec B).

Dans le cas du Leonberg, seule la reproduction des chiens cotés A et B est admise.

De nombreux gènes sont en cause, avec un effet additif: il faudrait donc aussi essayer d'élever seulement avec des sujets dont tous les ascendants sont indemnes, ainsi que les collatéraux (frères, soeurs...). Un chien radiologiquement indemne mais dont plusieurs ascendants et frères et soeurs sont atteints de dysplasie de la hanche aura de fortes chances de produire des chiots touchés par l'affection, celà s'est maintes fois vérifié.

La sélection sur la descendance est encore plus importante: ils faut essayer de privilégier dans un élevage les sujets reconnus pour produire des rejetons indemnes de dysplasie de la hanche.

Pour choisir dans une portée les futurs reproducteurs, une radiographie à l'âge de 6 mois donne une bonne idée de ce que seront les hanches une fois le chien devenu adulte.
Il faut aussi tenir compte de la laxité articulaire. Pour celà, le procédé PennHIP est très intéressant, car il permet de repérer précocément les sujets dont l'index de laxité les confirme dans les meilleurs de leur race.

Au niveau du propriétaire

Le but est d'avoir un chien exempt de dysplasie, qui pourra accompagner son maître toute sa vie et pratiquer de multiples activités.

Nous avons vu l'équation déterminant cette affection:

Phénotype = Génotype + environnement

On ne peut sur un chiot de deux mois déterminer s'il sera ou non dysplasique. Mais le propriétaire mettra toutes les chances de son côté en achetant un chiot dans un élevage qui favorise la reproduction de sujets de conformation excellente et dont la lignée est exempte de dysplasie de la hanche depuis plusieurs générations.

Ensuite, quand le chiot sera à la maison, il s'agira de l'élever dans un environnement limitant les chances que cette affection se développe.